« Octobre rose » : pourquoi cette 25e campagne est-elle décriée ?

bbnove e-shop puériculture design - concept store made in france pour bébés Les femmes luttent contre le cancer du sein - Octobre rose

L’opération de sensibilisation auprès des femmes, qui à débuté ce lundi, est l’occasion d’examiner les avantages et les inconvénients des examens systématiques de santé.

C’est par une illumination de la tour Eiffel, entre autres événements, que la 25e édition de la campagne d’information « Octobre rose » est lancée depuis de lundi 1er octobre, pour sensibiliser au cancer du sein.
Selon le site www.cancerdusein.org, une femme sur huit risque de développer un cancer du sein. Chaque année, le dépistage précoce permet de sauver des milliers de vie.

Une femme sur huit risque de développer un cancer du sein

Si l’intérêt porté autour d’une maladie si grave n’est pas remis en cause, la question du dépistage systématique de ce cancer a été soulevée en 2016 à la suite d’un rapport critiquant le système actuel.

#Tousconcernés

Aujourd’hui plus que jamais, le slogan “Tous concernés !” résonne comme un cri de ralliement indispensable pour faire reculer la maladie car le cancer du sein en France c’est toujours 12 000 morts par an.

Ce qui fait du cancer du sein le plus répandu en France. Selon l’Institut du cancer (INCa), 59 000 nouveaux cas sont détectés chaque année, soit 31 % des cancers touchant les femmes. Il s’agit aussi du cancer féminin le plus meurtrier, avec près de 12 000 morts par an.

Dans 80 % des cas, les cancers du sein sont détectés chez des patientes de plus de 50 ans, et on estime qu’une femme sur huit y sera confrontée au cours de sa vie. Mais fort heureusement, c’est aussi l’un des cancers qui se guérissent le mieux, avec 87 % de taux de survie à cinq ans, selon l’Institut de veille sanitaire (InVS).

bbnove e-shop puériculture design - concept store made in france pour bébés Statistiques dépistage cancer du sein - Octobre rose

Le dépistage

Malgré la campagne de 2004 proposant un dépistage systématique sous forme d’une mammographie et d’un examen clinique pratiqués gratuitement tous les deux ans pour toutes les femmes âgées de 50 ans à 74 ans — celles qui ont des antécédents ou un risque accru réalisent l’examen tous les ans — seule une femme sur deux (49,9 %) a répondu au courrier l’invitant à participer au dépistage organisé alors que les recommandations européennes préconisent 70 % de participation.
Cette proportion, toujours en baisse depuis plusieurs années, comporte également de grands écarts régionaux.
Dans le même temps, 10 % des femmes ont opté pour un dépistage individualisé, sous forme d’échographies de contrôle, sans mammographie. Il n’en reste pas moins que le suivi uniquement individuel n’est pas toujours plus facile à mettre en place, et peut engendrer des inégalités.
Néanmoins le dépistage du cancer du sein ne passe pas obligatoirement par la mammographie : une première étape consiste à effectuer des palpations régulières des seins — et des auto-palpations. C’est d’ailleurs ce qui est recommandé pour les femmes de moins de 50 ans, afin d’éviter les effets néfastes des excès de radiations.

Le coût

Nous pouvons retirer deux estimations sur les frais engendrés par ce dispositif systématique :

  • selon la Haute Autorité de santé : 79 euros par femme participante ; soit 180 millions d’euros en 2008, 11 300 euros par cancer déclaré et des structures fixes coûtant 35 millions d’euros.
  • selon les calculs de l’UFC-Que choisir il faut compter pas moins de 300 millions d’euros (soit 130 euros par an et par patiente), en incluant les primes de 245 euros par an accordées aux médecins traitants dont les patientes participent bien au dépistage. L’association de consommateurs précise que seule la mammographie bénéficie de la gratuité du dispositif, alors que les examens qui suivent en cas de doute (échographie, biopsie) restent en partie à la charge de la patiente.

Cette année, les choses changent

Au début de l’année 2019, le Ministère de la santé a annoncé une « modernisation du dépistage » dans le but d’individualiser le suivi en fonction des risques prédictibles — 5 % seulement des cancers sont héréditaires. Aussi :

  • A 25 ans, une première consultation de prévention sera proposée. Elle sera prise en charge à 100 % par l’Assurance-maladie, afin d’évoquer et d’évaluer les facteurs de risque liés au tabac, à l’alcool, à l’importance de l’alimentation, etc.).
  • A 50 ans, une seconde consultation de dépistage est organisée. Elle comporte des suivis personnalisés en fonction des facteurs de risques détectés.
  • Les échographies prescrites en complément des mammographies seront désormais remboursées intégralement, comme le souhaitaient les associations de consommateurs.

De l’efficacité du dépistage ?

Selon l’agence Santé publique France, le dépistage organisé a permis de détecter 37 000 cas entre 2013 et 2014.
Au total, il est extrêmement complexe de savoir combien de morts sont évitées grâce à ce dispositif car aucune étude de grande ampleur n’a pu être réalisée en France.

il est extrêmement complexe de savoir combien de morts sont évitées grâce à ce dispositif

Depuis les années 1960, plusieurs essais cliniques conduits dans le monde ont conclu à une baisse de 15 % à 25 % de la mortalité. Alors qu’un étude plus récente, publiée par le British Medical Journal sur 90 000 femmes au Canada, ne démontre pas de différence significative sans ou avec des mammographies régulières…

Il reste donc difficile de savoir si un nombre conséquent de décès ont pu être évités mais il semblerait tout de même ressortir qu’il ait contribué à une meilleure prise en charge thérapeutique : sur 100 000 femmes dépistées durant sept à dix ans, une réduction de mortalité de 15 % à 21 %.

Mais ces résultats restent encore controversés, et ne tiennent pas compte d’un autre facteur : le risque de surdiagnostic, de surtraitement.

  • Le surdiagnostic : il s’agit de lésions cancéreuses détectées alors qu’elles n’auraient pas forcément évolué en cancer menaçant la vie de la personne ;
  • Le surtraitement : chimiothérapie, rayons, ou encore ablation du sein sont malheureusement encore parfois réalisés trop rapidement voire inutilement.

Dans tous les cas, la mammographie est néanmoins considérée comme nécessaire par les médecins en tant qu’outil de diagnostic, c’est-à-dire de vérification d’un risque décelé auparavant.

Pourquoi la campagne « Octobre rose » est-elle aujourd’hui décriée ?

La controverse scientifique sur le « bénéfice-risque du dépistage », évoquée par l’Institut national du cancer, n’est pas abordée lors des nombreuses manifestations d’« Octobre rose », qui reste une opération de communication nécessaire sur le cancer du sein organisée chaque année au mois d’octobre, avec le soutien de la Ligue contre le cancer.
Cette campagne bénéficie du soutien médiatique et financier de nombreuses marques commerciales qui s’associent à cette cause.

Un collectif de médecins indépendants s’est organisé en 2015, sous le nom de Cancer rose, pour dénoncer « les messages officiels extrêmement incitatifs » et les campagnes commerciales qui vantent un dépistage « ne reposant pourtant sur aucune donnée fiable et pertinente ».

Attention donc aux injonctions culpabilisatrices, concentrons nous sur l’information objective au service des femmes«Octobre rose» pour alerter sur le cancer du sein !

Télécharger l’affiche : octobre-rose-Affiche_2018-cancer-du-sein.pdf

Sources : https://www.lemonde.fr, http://www.cancerdusein.org

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